Systèmes de santé en Afrique, combler le fossé avec la technologie

23 mars 2022General healthKimboCare Content Team
2022-03-23T04:55:00.000Z2022-03-23T04:55:00.000ZLa technologie, essentielle pour améliorer l'accès et la qualité des soins de santé en Afrique

Imaginez une consultation médicale en ligne, votre diagnostic est posé et les médicaments prescrits sont automatiquement commandés ; peu de temps après, vous les recevez chez vous.

Un système de soins de santé entièrement numérique peut sembler futuriste, mais la technologie appropriée est déjà en cours de développement. La technologie mobile, en particulier, favorise le progrès rapide des soins de santé dans le monde entier, mais nulle part ailleurs, l’ampleur de l’impact n’égale celle de l’Afrique.

Dans les régions africaines isolées et peu développées, les innovations numériques pourraient, en fin de compte, réduire le fossé des inégalités en matière de soins de santé et créer un système de soins durable. Ces innovations seront également nécessaires pour mettre en œuvre les soins de santé universels pour lesquelles plusieurs entités mondiales se sont engagées à travers des objectifs à atteindre d’ici 2030.

Dans cet article, nous discutons :

- De l’état des systèmes de santé en Afrique ;

- Des défis en matière de santé dans la région ;

- Des exemples d’innovations technologiques qui révolutionnent les soins de santé en Afrique.

État des systèmes de soins de santé en Afrique.

Selon la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne (ASS) est classée parmi les régions du monde disposant des soins de santé de piètre qualité. L’ASS représente le quart du fardeau mondial. Cependant, malgré cette situation alarmante, la région reçoit moins de 1 % des dépenses mondiales consacrées à la santé et le personnel de santé en place ne représente que 3 % de l’effectif mondial.

Selon le Forum économique mondial, près de la moitié des pays africains allouent moins de 60 dollars américains par habitant et par an aux soins de santé. Les dépenses de santé de la région représentent en moyenne près 5 % du PIB, contre près de 20 % du PIB aux États-Unis.

Malgré les efforts déployés pour améliorer l’accès aux soins de santé dans les pays africains, de nombreux défis continuent d’entraver les progrès. Plus précisément, ces défis sont, entre autres :

- La pénurie de travailleurs et de professionnels qualifiés, plus le manque de structures de formation ;

- Le manque d’accès aux soins médicaux dans les zones rurales ;

- Le faible accès aux informations vaccinales, aux méthodes préventives et autres campagnes ;

- Le manque de communication et de collaboration au sein du secteur des soins de santé ;

- La corruption, matérialisée par la vente de médicaments censés être gratuits et par l’offre de pots-de-vin pour autoriser la mise sur le marché de faux médicaments ;

- Les médicaments de contrefaçon et de qualité inférieure constituent un problème majeur en l’absence d’une gestion adéquate de la chaîne d’approvisionnement ;

- L’évolution des exigences médicales avec l’augmentation des maladies non transmissibles, comme le cancer et le diabète, dans les classes moyennes en pleine croissance ;

- L’accès difficile à Internet, mais également aux technologies mobiles. En effet, la majorité des téléphones portables utilisés dans les pays africains ne sont pas des smartphones. Toutefois, la mise sur le marché des smartphones moins chers a permis d’observer quelques progrès.

Améliorer les soins de santé en Afrique

L’insuffisance du financement reste l’un des principaux obstacles à l’amélioration des soins de santé sur le continent. Les prises en charge sont essentiellement des dépenses sur fonds personnels et des financements internationaux. Cependant, malgré une aide internationale considérable, moins de la moitié de la population de la région a accès aux soins de santé. Dans un rapport publié en 2021, de nombreux systèmes de soins de santé africains sont classés en dessous d’autres pays en développement, notamment celui de l’Inde et de la Jordanie.

En dehors des besoins de financement, d’autres domaines importants à prendre en compte pour améliorer les soins de santé en Afrique sont, entre autres :

- Les technologies numériques innovantes ;

- L’amélioration des connaissances, l’accroissement des ressources et le développement des compétences ;

- La collaboration entre les parties prenantes.

Ces exigences façonnent rapidement les secteurs public et privé des soins de santé dans les pays africains, parfois même en surpassant la croissance des pays développés. Il y a une décennie, des rapports indiquaient que le Ghana comptait à lui seul environ 3400 applications médicales, soit le deuxième pays au monde derrière l’Inde.

Au cours d’une table ronde à l’Université de Stanford, le Dr Abayomi Ajayi a déclaré : « Les pays africains doivent adopter la technologie pour rattraper le retard en matière de soins de santé, et le partenariat privé-public peut y contribuer. »

Les technologies sont désormais considérées comme une force importante en Afrique subsaharienne. Bien plus, les solutions technologiques peuvent offrir des alternatives peu coûteuses aux dépenses sur fonds personnels, sans pour autant pénaliser le système public.

L’un des secteurs florissants est la numérisation des systèmes de soins de santé (e-santé). Plusieurs pays africains ont également promis de relever les dépenses consacrées à la santé à 15 % du PIB. Aujourd’hui, avec l’impact de la numérisation et d’autres innovations, les meilleurs systèmes de soins de santé en Afrique se trouvent dans quelques pays comme :

- L’Afrique du Sud

- La Tunisie

- Le Maroc

- L’Algérie

- Le Rwanda

- Le Ghana

- Le Kenya

- La Libye

- La Tanzanie

- La Zambie

Impact de la technologie sur l’évolution des soins de santé en Afrique.

À l’heure actuelle, les Africains développent de nombreuses technologies innovantes en faveur de leurs propres pays. En s’appuyant sur les expériences et les connaissances locales, ils offrent un point de vue unique pour créer des solutions hyperspécialisées.

Cette histoire reflète l’offre des fondateurs de KimboCare, qui ont utilisé la technologie blockchain pour faciliter l'achat direct des traitements médicaux de la famille en Afrique à partir de l’étranger. Il s’agit d’un projet développé dans le cadre du 3e objectif de développement durable des Nations unies intitulé « Bonne santé et bien-être pour tous ».

Grâce à leur plateforme, n’importe qui dans le monde peut acheter des soins de santé de qualité qui seront transformés en « crédits santé ». Ces crédits santé peuvent être utilisés par des personnes résidant en Afrique pour bénéficier d’un accès instantané aux soins médicaux. Une telle option permet de minimiser les défis locaux liés à la faiblesse des services bancaires, à l’isolement des communautés rurales et à la fluctuation des taux de change.

En outre, la plateforme KimboCare présente également de nombreuses solutions pour les sponsoring des entreprises et les investissements ESG. En raison du fait que la blockchain facilite un haut niveau d’agrégation des données, un aperçu en temps réel des dépenses de campagne de santé et un suivi infalsifiable sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, les parties prenantes seront de plus en plus à même d’investir avec une transparence et une sécurité accrue. Ce renforcement de la responsabilité aidera également les entreprises à s’adapter à l’évolution rapide de la réglementation autour des critères ESG.

Sur tout le continent, de nombreuses autres solutions technologiques résolvent des problèmes simples ou complexes, notamment par la numérisation des dossiers médicaux ou la création des applications capables de diagnostiquer des maladies. Examinons ci-dessous certains des progrès les plus remarquables.

La technologie mobile au service des soins de santé

Lorsque la technologie des soins de santé peut être utilisée à travers une application ou un message texte, elle devient un outil puissant dans les zones isolées.

Selon la Banque mondiale, le marché africain du téléphone portable est désormais plus vaste que celui de l’Union européenne ou des États-Unis. Avec environ 650 millions d’abonnés, les technologies mobiles sont adoptées à une vitesse fulgurante sur le continent africain.

Retrouvez ci-dessous quelques exemples d’utilisations diverses de la technologie mobile :

- mTRAC en Ouganda – le problème qui se pose dans les cliniques est que les patients doivent attendre des heures avant d’être examinés, et parfois il arrive que le stock du médicament prescrit soit épuisé. mTRAC est un système mis en place pour permettre aux professionnels de la santé de signaler les maladies, et aux patients de commander les médicaments par SMS. Cette solution sauve des vies en gérant un cycle d’approvisionnement efficace, tout en fournissant aux organisations et aux gouvernements des données détaillées ; une approche typiquement rare en Afrique. Les gouvernements peuvent désormais utiliser ces données pour l’amélioration de la redistribution des médicaments et pour le lancement d’autres initiatives en matière de soins de santé. La plateforme mHealth développée par Novartis est un projet similaire testé au Kenya.

- Le « SMS Printer for Life » au Cameroun – les bébés nés avec le VIH ont une espérance de vie plus élevée si la maladie est diagnostiquée tôt. Au Cameroun, la vaste couverture du réseau MTN permet l’envoi par SMS des résultats le jour même à l’imprimante de la clinique et au téléphone du soignant. Le nourrisson peut ainsi recevoir un traitement le plus rapidement possible.

- Babyl au Rwanda – ce système permet d’effectuer des consultations à distance par l’intermédiaire d’un centre d’appel, et de délivrer des ordonnances numériques au moyen d’un système basé sur les SMS, et les médicaments prescrits peuvent être retirés auprès des pharmacies partenaires.

Formation et apprentissage

Le manque de professionnels de santé qualifiés est l’un des principaux défis en matière de soins de santé en Afrique. En outre, le manque de connaissances sur la médecine générale au sein de la population signifie que moins de personnes sont en mesure d’identifier les symptômes et de chercher un traitement en temps opportun.

Parmi les initiatives basées sur l’éducation, figurent :

- Le système RAFT (Réseau en Afrique Francophone pour la télémédecine) : Il s’agit d’une plateforme de télé-enseignement et de téléconsultation mise en place dans une douzaine de pays. Elle a été conçue pour favoriser le partage des connaissances et la collaboration, notamment dans les zones rurales.

- Le programme pilote de formation des infirmiers de MTN en Afrique du Sud utilise des centres de formation multimédia pour aider les infirmiers à accéder aux outils et aux informations numériques afin de renforcer leur apprentissage.

- MedAfrica a été conçu par une startup kenyane pour sensibiliser les gens à la santé. Il comprend des outils d’autodiagnostic et des listes de praticiens agréés afin de réduire la fraude médicale.

La prestation de soins par drone

Les communautés isolées ont un impact important dans l’atteinte de l’objectif soins de santé pour tous. Les drones peuvent apporter une solution innovante pour assurer les besoins médicaux vitaux, qu’il s’agisse de recevoir des médicaments ou d’obtenir une transfusion sanguine en cas d’urgence.

À titre d’illustration, deux tiers des décès évitables survenus lors de l’accouchement ou de la grossesse ont lieu en Afrique subsaharienne. Une des raisons est la lenteur du transfert du sang au patient, surtout lorsque les conditions routières sont mauvaises et les distances longues.

Avant les drones, les hélicoptères apportaient une solution à ce problème, mais les drones sont encore plus efficaces, car ils peuvent résister à de nombreuses conditions météorologiques et nécessitent moins d’espace pour atterrir par rapport à un hélicoptère. Cette solution pratique est bien plus intéressante lorsque ces livraisons peuvent être programmées et accessibles à partir d’une application mobile.

Jusqu’à présent, cette solution s’est avérée fructueuse dans le cadre du projet Zipline, qui a permis de livrer du sang et des médicaments à plus de 350 établissements de santé au Rwanda. Les drones ont également permis au gouvernement ghanéen de distribuer les vaccins contre la COVID-19 dans des zones reculées.

Le « South African National Blood Service » (SANBS) [Service national sud-africain du sang] a également annoncé en 2019 son intention de créer un programme de livraison de sang par drone.

Diagnostic à distance et médecins en ligne

Selon la GSMA, les connexions par smartphone devraient atteindre près de 700 millions d’utilisateurs d’ici 2025, soit plus du double des 302 millions d’utilisateurs estimés en 2018. En outre, elle estime que la moitié de la population sera abonnée aux services mobiles à l’horizon 2025.

Ces avancées en termes de connexions peuvent grandement répondre à un besoin de conseils et de diagnostics médicaux dans des zones reculées – et surtout, à des coûts abordables. Ce coût abordable attire plus de personnes vers les services médicaux, même si elles doivent payer de leurs poches.

Trouvez ci-dessous quelques exemples :

- Hello Doctor en Afrique du Sud fournit des informations essentielles sur la santé et permet de parler à un médecin pour la somme de 55 rands (3 $) par mois.

- Au Nigeria, Omomi offre des consultations médicales aux femmes enceintes et aux mères pour la somme de 200 nairas (55 cents).

- En Ouganda, Matibabu dispose d’une application qui est en phase de test et d’un dispositif permettant de diagnostiquer le paludisme sans analyse de sang. Il s’agit d’un dispositif qui fait usage de la lumière pour détecter le parasite responsable du paludisme à travers la peau, puis les résultats sont envoyés à une application. En Afrique, un enfant de moins de cinq ans meurt du paludisme toutes les deux minutes ; alors même que la plupart de ces décès sont évitables.

- Un système d’IA nigérian appelé Ubenwa est programmé pour analyser les pleurs de nourrisson en vue de détecter les anomalies associées à l’asphyxie. Ces anomalies affectent environ 1,2 million d’enfants par an.

- Un gilet biomédical intelligent – Mama-Ope – développé en Ouganda permet de fournir un diagnostic précoce de la pneumonie. Ce dispositif de télémédecine permet également aux médecins de suivre et de contrôler les dossiers d’un patient à distance grâce au stockage sur le cloud.

- CareAi combine la technologie blockchain et l’IA pour un diagnostic des maladies infectieuses en quelques secondes, notamment le paludisme, la fièvre typhoïde et la tuberculose. Bien que cette technologie fût initialement destinée aux réfugiés en Europe, cette application pourrait s’étendre aux régions en développement telles que l’Afrique. À l’avenir, le système d’IA pourra utiliser les dossiers médicaux pour prescrire des médicaments avec plus de précision et commander les médicaments prescrits à la pharmacie la plus proche.

Casiers intelligents

Les cliniques et les hôpitaux publics sont généralement débordés, surtout dans la région de l’Afrique subsaharienne où les installations de soins de santé sont rares. Les longues files d’attente deviennent particulièrement problématiques lorsque les patients atteints de maladies chroniques doivent régulièrement se procurer des médicaments prescrits.

L’ingénieur sud-africain Neo Hutiri en a fait l’expérience lorsqu’il a contracté la tuberculose. Il a ensuite mis au point un système de casier intelligent – Pelebox, – permettant la distribution automatique des médicaments dans le casier. Les patients reçoivent ensuite un SMS pour le retrait et utilisent un code unique pour l’ouverture du casier.

Suivi des données et des dossiers médicaux

En facilitant la collaboration et le stockage des informations médicales, la technologie peut grandement améliorer les prestations des soins de santé ainsi que les diagnostics.

Les services de santé dans les pays africains sont particulièrement entravés par :

- Une faible collecte des données ;

- Une absence de suivi des dossiers médicaux ;

- Des problèmes de confidentialité ;

- Une faible communication entre les services de santé.

Qui dit défis, dit nouvelles perspectives. De nombreux pays investissent dans la mise en place de leurs systèmes e-santé, et l’Afrique du Sud montre la voie avec des startups comme Pelebox ou CareAI. CareAi utilise des contrats intelligents, tels que Distributed App, pour permettre la réglementation de la confidentialité et l’accès aux données d’un patient à travers plusieurs services.

La blockchain offre également une valeur significative dans ce secteur, où des questions telles que la sécurité et la confidentialité peuvent être traitées. À titre d’illustration, KimboCare, grâce à la technologie blockchain, permet aux proches à l’étranger de suivre administrativement les soins médicaux de leurs familles au pays, et même de couvrir les frais lorsqu’ils sont modérés.

Ce renforcement de la protection de la vie privée et de la collecte de données sera également vital pour les investissements ESG, surtout si l’on considère les récents changements apportés aux réglementations ESG. Il sera de plus en plus demandé aux entreprises de fournir des informations détaillées, et c’est ici que la blockchain déploie ses atouts. La transparence accrue sera également essentielle pour attirer davantage d’investissements dans le secteur des soins de santé dans la région.

Conclusion

Malgré les nombreuses avancées technologiques, les systèmes de soins de santé des pays africains restent à la traîne par rapport aux normes mondiales. Il est urgent de prendre des mesures bien orchestrées si les pays africains veulent combler le fossé de l’inégalité en matière de soins de santé, notamment en ce qui concerne les objectifs de développement durable des Nations unies pour l’accès universel aux soins de santé. Sinon, la région continuera à dépendre des investissements privés et des dépenses sur fonds personnels.

KimboCare, qui partage également cette mission, déploie ses efforts dans cette technologie pour atteindre le 3e objectif de développement durable des Nations unies « Bonne santé et bien-être pour tous ». La plateforme numérique KimboCare a pour but de faciliter un accès plus rapide à des services médicaux de qualité, de conserver des dossiers médicaux numériques et de faciliter des paiements sécurisés de partout dans le monde directement aux prestataires de soins de santé des pays africains, d’autres régions seront bientôt couvertes.

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